vendredi 17 mai 2013

Du BYOD au BYOx : des choix difficiles face aux mutations actuelles dans l'entreprise

Le BYOD aura probablement été sur le podium des acronymes "star" de la cybersécurité en 2012 et 2013. Avec APT et "chinois" (1). Mot clé pour nombre d'articles et de conférences, "produit d'appel" pour d'autres études à finalité commerciale, le BYOD (2)  devient cependant une réalité tangible dans l'entreprise et les administrations. Avec son cortège de risques réels ou supposés mais, à tout le moins, potentiels. Une nouvelle tendance semble cependant se dessiner avec le BYOx. Sans que l'on sache vraiment s'il s'agit d'un concept, d'une réalité émergente ou d'un nouveau buzz qui se dégonflera aussi rapidement qu'il est apparu.

Le BYOx comme "Bring your own x" avec le x comme variable de la multitude d'éléments qu'un salarié est susceptible d'apporter à l'entreprise : des applications (3) mais aussi des comportements, des informations, des compétences, etc.   Certains sociologues et économistes observent ces dernières années des mutations profondes et des changements inévitables au sein de l'entreprise. Autant en lien avec les évolutions induites par l'emploi massif des technologies de l'information que les changements sociaux, économiques et politiques à l’œuvre dans les sociétés dites "occidentales". Ces changements peuvent être des facteurs d'opportunités ou de nouveaux risques selon l'aptitude des décideurs à les appréhender. 

Dans un premier cas, l'entreprise peut encourager de nouveaux usages et faire preuve d'une grande tolérance dans la façon dont le salarié conçoit et aménage son environnement de travail et son outil de production. Elle peut donc accompagner les changements, en restant vigilante et responsable, et en estimant - souvent à juste titre - que de nouveaux gains de productivité sont possibles. A l'inverse, elle peut décourager et tenter d'interdire toute initiative, sans présager de la qualité de celle-ci (bonne ou mauvaise). Enfin, elle peut être totalement permissive par défaut, c'est à dire sans réelle conscience qu'un salarié est susceptible d'introduire un élément potentiellement malveillant capable de générer un impact significatif.

Il n'y a bien-sûr pas de réponses simples à une telle complexité : chaque entreprise est unique et doit analyser l'opportunité et la degré acceptable des changements sous l'angle coût/efficacité. En intégrant la notion, souvent galvaudée, de gestion des risques. Car la prise de risques va de pair avec un changement quel qu'il soit. Notons cependant que le premier réflexe de ne rien vouloir changer, de conserver un apparent statu quo, est souvent le début des ennuis. Être immobile et vouloir ériger des murailles dans un environnement ultra-mobile, instantané et souvent agressif procurera sans doute un faux sentiment de sécurité. Et un vrai péril quant à la pérennité d'une entreprise à moyen et long terme.

(1) routeurs, pirates, etc. Notons d'ailleurs que les "chinoiseries" trustent le podium depuis quelques années. Une tendance qui n'est pas prête de s'éteindre !
(2) autrement dit en français PAP ("Prenez vos appareils personnels") ou encore AVEC ("Apportez Votre Équipement personnel de Communication")
(3) Dropbox, Drive et Calendar de Google mais aussi Skype ou Evernote semblent largement plébiscités

Inspiré de :

lundi 6 mai 2013

Comment choisir ce que deviennent les comptes Google après un décès ?

Si de prime abord la question peut paraitre étonnante, elle correspond cependant à une tendance en train de devenir un fait sociologique si ce n'est sociétal. J'avais d'ailleurs commis en janvier 2009 un article,  probablement un peu en avance, intitulé "dernières volontés nuriques". En avance sur une tendance qui, finalement, semble être en train de se concrétiser.

jeudi 2 mai 2013

"Cyber war will not take place" : la conférence de Thomas Rid à Paris

Comme la semaine précédente avec David E. Sanger, la Chaire Castex de Cyberstratégie organisait une nouvelle conférence avec un invide renom, même si un peu moins médiatique. Le Dr Thomas Rid est un chercheur que tous ceux qui s'intéressent aux conflictualités dans le cyberespace connaissent, au moins de réputation. Son dernier ouvrage, "Cyber war will not take place" (1), était l'occasion de venir échanger, le mercredi 24 avril 2013 à l’École militaire, devant un public clairsemé mais attentif.

T. Rid débute son intervention en rappelant ce qu'est la définition d'un acte de guerre : l'utilisation de la force et de la violence comme l'expression légale d'un instrument politique. Le concept de cyberguerre lui parait exagéré et mal adapté car les cyberattaques, générant peu de violence et aucune escalade, peuvent être circonscrites à trois grandes fonctions : le sabotage, l'espionnage et la subversion.

jeudi 25 avril 2013

Le plus grand risque actuel ? les (cyber)menaces déjà connues !

C'est en tout cas ce qu'affirme l'Information Security Forum (ISF) dans la synthèse de son étude annuelle intitulée "Panorama des menaces 2015 - Plus de danger des menaces connues" en tentant l'exercice prospectif pour les deux prochaines années. Le leitmotiv de l'étude est de consirer que les menaces connues (1) ont un facteur de dangerosité plus élevé que les générations précédentes. Tout simplement parce que les attaquants se sont professionnalisés et que les attaques techniques sont de plus en plus sophistiquées.

lundi 22 avril 2013

Programme "Olympic games" et cyber-conflits : la conférence de David E. Sanger à Paris

La Chaire Castex de cyberstratégie organisait jeudi 18 avril 2013, à l'Ecole militaire, sa journée d'études sur les représentations du cyberespace avec pour point d'orgue la conférence du journaliste américain David E. Sanger. Pour le profane, ce nom ne dit sans doute pas grand chose. Journaliste au New York Times (1) mais également correspondant en chef de la Maison Blanche à Washington, son fait d'arme est d'avoir vélé le 1er juin 2012 l'existence d'un programme secret ("covert ops") de l'administration américaine appelé Olympic games (2) ("Jeux olympiques").

Du candidat au président : l'évolution de la pensée d'Obama en matière de cybernétique

En janvier 2009, a lieu la passation de pouvoir dans le bureau Ovale entre Barack Obama, fraîchement élu, et son prédécesseur Georges Bush Jr. Ce dernier explique à Obama qu'il y a "deux programmes secrets qu'il faut poursuivre". En effet, l'histoire du programme Olympic games débute sous l'ère Bush fils. Y ont été décidés deux programmes "cover ops" majeurs : l'un concernant l'utilisation massive de drones pour frapper les cadres d'Al Qaïda et affidés, en particulier dans les zones tribales, entre l'Afghanistan et le Pakistan, l'autre concernant le programme nucléaire iranien qui deviendra ensuite "l'affaire Stuxnet". Pour la petite histoire, il semble que des essais aient eu lieu sur le territoire américain et que fût apportée à la Maison Blanche le même type de centrifugeuse que celles utilisées par l'Iran. Impressionné par le long cylindre endommagé, le président Busk aurait dit "Ok, I'm convinced" (3).

lundi 15 avril 2013

Cybersécurité Australie : du "Top 35" à "Infosec 4"

Je signalais en décembre 2012 la réactualisation du "top 35" du DSD (1), le guide de recommandations en matière de protection et de défense des systèmes d'information étatiques australiens. Ces derniers jours, le Protective Security Policy Framework (PSPF - le cadre politique de la sécurité et de la protection) du gouvernement australien vient, à son tour, d'être réactualisé. En conséquence, chacune des agences devra dorénavant mettre en œuvre les 4 mesures essentielles du "top 35".

lundi 8 avril 2013

Communications sécurisées air-sol : l'expérience quantique réussie

Des chercheurs allemands de la faculté de physique de Munich et du DLR (1) ont réussi une petite prouesse dont les applications dans le secteur aéronautique et spatial, tant militaire que civil, sont réelles. Cette prouesse consiste à avoir pu établir un tunnel de communication quantique stable durant 10 minutes, avec peu de perturbations, entre un avion et une station au sol distante d'environ 20 km.

En d'autres termes, une connexion permettant un échange de données réputées inviolables a, pour la première fois, été expérimentée avec succès. Pour le moment, seules de rares liaisons terrestres sur des distances relativement courtes sont utilisées pour des besoins spécifiques de protection d'informations hautement sensibles (secteur bancaire et agences gouvernementales).

mercredi 3 avril 2013

Corée du Sud : renforcement du (RoK) Cyber Command

Alors que les tensions sont vives dans la péninsule coréenne, l'on en sait aujourd'hui un peu plus depuis l'annonce, lundi dernier, par le ministère de la défense sud-coréen des grandes lignes de sa politique en matière de défense et de protection des systèmes d'information militaires (1).

En sus de la création d'une unité en charge d'assurer la politique de protection des systèmes d'information et les moyens associés, l'augmentation des effectifs qui passeraient de 400 à 1000 personnes et l'élaboration de stratégies et d'outils de cyberdéfense font partie des priorités.

lundi 1 avril 2013

Tensions en Corée : terre, air, mer, cyber !

Afghanistan, Syrie, Mali et maintenant Corée(s), les conflictualités conventionnelles se prolongent de plus en plus dans et par ce "nouveau" milieu, le cyberespace. Qu'elles soient à de strictes fins de communication (désinformation, manipulation), d'opérations défensives et, évidemment, offensives, rares voire iconoclastes seront les prochains conflits n'ayant aucun prolongement cybernétique.

vendredi 22 mars 2013

Que se passe-t-il en une minute sur Internet ?

Si aujourd'hui il y a autant d'équipements connectés en réseaux que d'être humains, c'est à dire un peu plus de 7 milliards, en 2015 le rapport sera double. La génération de données associées, leur consultation, ses échanges viendront d'autant plus grossir une tendance observée ces dernières années. Big data ? Infobésité ? Attention, les chiffres suivants donnent le tournis !

A chaque minute sur internet se produisent :
- 20 nouvelles victimes d'un vol d'identité
- 135 infections de botnets
- 1300 nouveaux utilisateurs mobiles et connectés
- 47 000 Apps téléchargées
- 83 000 $ de ventes sur Amazon
- 100 000 nouveaux tweets
- 277 000 connexions à Facebook
- 1,3 millions vidéos vues sur Youtube
- 2 millions de requêtes sur Google
- 6 millions de pages Facebbok vues

Pour enfoncer le clou, un internaute qui voudrait voir toutes les vidéos transitant par seconde sur Internet en 2015 devra consacrer 5 années de sa vie pour pouvoir le faire !  

lundi 18 mars 2013

La pénurie de spécialistes en cybersécurité (2/2). Emplois, croissance et souveraineté

Le problème qualitatif et quantitatif semble, par exemple, de plus en plus criant aux États-Unis. Qui, au plus haut niveau, a fait des enjeux de cybersécurité et de cyberdéfense une problématique stratégique et de sécurité nationale. Pentagone, DHS, agences gouvernementales, secteur de la recherche ou entreprises de défense et de sécurité, tout ce joli monde participe à la dynamique enclenchée. Les investissements et les crédits engagés sont très importants (50 milliards de $ par an ?) et malgré l'importante population américaine et la qualité de son système de formation, les difficultés se font jour.

jeudi 14 mars 2013

Café stratégique n°23 : où va la dissuasion nucléaire française ?

L'Alliance géostratégique organise ce soir, à partir de 19h, un nouveau café stratégique avec Philippe Wodka-Gallien qui viendra discuter et débattre de l'avenir de la dissuasion nucléaire française. Une occasion que je saisis pour rappeler l'article, publié sur le site d'AGS en septembre 2012, concernant les interrogations liées à la reprise des essais nucléaires français de 1995.

Comme à chaque fois rendez-vous à partir de 19h au Café le Concorde, 239 boulevard St Germain, dans le 7ème arrondissement de Paris (métro Assemblée Nationale). Comme d'habitude, l'entrée est  libre et l'ambiance conviviale. Venez nombreux !

mardi 12 mars 2013

La pénurie de spécialistes en cybersécurité (1/2). Laisser du temps au temps

Depuis plusieurs années, entreprises (sérieuses) et praticiens de la cybersécurité savent combien le recrutement d'ingénieurs spécialisés en cybersécurité est un art délicat. Le réservoir de ressources est limité, la France souffre toujours d'un déficit chronique d'ingénieurs d'environ 9000/an (1), et le "vrai" spécialiste polyvalent avec un éventail de compétences larges (2) se fait rare !